- Le Chat Lettré -

Le Chat Lettré est très cultivé. Il lit beaucoup, va au cinéma, au théâtre, à des expositions. C'est également un grand mélomane ainsi qu'un philanthrope, puisqu'il vous évite de terribles déceptions. Mais bon ça reste un sale Matou...

29 octobre 2006

Babel

BABEL, réalisé par Alejandro González Inárritu

affiche

Ce film a été vu en projection-presse

Sortie officielle: le 15 novembre 2006

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En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo.

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Après « Amours Chiennes » et « 21 Grammes », A.G. Inarritu revient avec un film au titre mystérieux mais évocateur. Car « Babel » fait bel et bien référence à la légendaire tour construite par la mégalomanie humaine et qui devait atteindre le ciel. Ici aussi, la tour vacille et risque de s’effondrer car un coup de feu vient d’être tiré dans le désert marocain. Cet « incident » apparemment anodin va influencer plusieurs destins à travers le monde.

Le réalisateur mexicain nous explique ici sa vision du monde actuel où les civilisations, les cultures vivent ensemble sans se connaître. Tous les protagonistes du film vont faire l’expérience de la solitude, que ce soit dans le désert marocain, ou dans une des plus grandes mégalopoles du monde. L’incapacité à communiquer, la solitude et la douleur sont les thèmes phares du film. Et pendant 2h23, on souffre avec ces personnes, on vibre avec eux, on ressent leurs émotions. Inarritu réussit un véritable tour de force en nous plongeant, nous, spectateurs, au cœur de cet univers qui est le notre et que pourtant nous ne connaissons pas vraiment.

Aidé par un aspect visuel tout simplement splendide, une bande son puissante qui illustre les sentiments des personnages, ainsi que par un montage réellement intelligent, Inarritu signe ici LE film à voir cette année (avec « Children of Men » d’un autre mexicain : Alfonso Cuaron), une véritable réflexion sur le monde qui est le nôtre, sur le choc des civilisations. Pour ma part, il figure comme un des meilleurs films que j’ai jamais vu. Et je ne suis pas le seul. Des trois journalistes qui ont vu le film et qui bossent avec moi, tous sont unanimes pour dire que ce film est le meilleur de l’année. Christophe Gans, avec qui j’ai pas mal discuté récemment, a lui aussi pris sa claque ! Bref ruez-vous dans les salles le 15 novembre pour voir ce chef d’œuvre du septième art… Une question reste en suspens : Pourquoi il n’a pas obtenu la Palme d’Or à Cannes, même s’il est reparti avec un, Ô combien mérité, Prix de la Mise en Scène ?

« Les barrières et les frontières ne sont pas toujours physiques ni visibles. Les limites sont en nous, les préjugés existent dans le cadre de notre culture. Mais cela signifie aussi qu’ils peuvent être abattus… »

Alejandro González Inárritu, extrait du dossier de presse de « BABEL »

Le Chat Lettré 4

Posté par Immalie à 08:20 - Cinéma - Commentaires [0] - Permalien [#]

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